201 faillites dans le vélo en 2025 : la liste des marques touchées et quoi faire
Le chiffre est brutal : 201 procédures collectives ont été ouvertes dans le secteur du vélo en 2025. C’est un record depuis 2008, le double de la moyenne des années 2008-2018 (97 par an) et 66 % de plus que le précédent pire millésime, 2012 et ses 121 défaillances. Depuis, la liste s’est encore allongée. Voici l’état des lieux, et surtout ce que ça change pour toi.
Pourquoi le secteur craque
Ce n’est pas une crise de la demande, c’est une crise de surcapacité.
Le vélo a connu un boom historique après 2020, avec un pic de 661 créations d’entreprises en 2021. Le secteur s’est stabilisé au double de sa taille d’avant 2019. Sauf que le marché, lui, s’est retourné : −6 % en volume en 2025, et −16 % sur le segment électrique.
Trop d’acteurs pour un marché qui se contracte : l’ajustement était mathématique. Il ne dit pas que le vélo va mal, il dit qu’il y avait trop de monde.
Les marques françaises en difficulté
| Marque | Situation | Date |
|---|---|---|
| Lapierre | Redressement judiciaire, tribunal de Dijon | 5 août 2026 |
| O2feel | Redressement judiciaire | 2025 |
| Iweech | Redressement judiciaire | 2025 |
| Starway | Redressement judiciaire, tribunal de Tours | 16 décembre 2025 |
| Cyclable | Réseau de magasins en difficulté | 2025 |
| Angel Bike | Liquidation judiciaire | 2025 |
| Le Vélo Mad | Liquidation judiciaire, tribunal de Rouen | 2025-2026 |
| Wello | Redressement judiciaire | — |
| Coleen | Liquidée puis radiée | 2022-2023 |
| Reine Bike | Marque disparue | — |
| Voltaire | Liquidation puis reprise | Janvier 2026 |
Lapierre est le cas le plus lourd. Le fabricant dijonnais, l’un des noms les plus installés du cycle français, a sollicité son redressement le 5 août 2026. En cause : l’effondrement de sa maison mère néerlandaise, le groupe Accell, qui l’a laissé sans actionnaire du jour au lendemain. Ce sont 106 emplois locaux et un site de production historique qui sont en jeu.
L’onde de choc Accell dépasse la France : les allemandes Haibike, Ghost et Winora, également du groupe, ont été placées sous administration.
Côté belge, Cowboy a évité la disparition de justesse : après près de 100 M€ de pertes, la marque a été reprise par le groupe français ReBirth en décembre 2025.
Ce que ça change quand tu achètes
Une marque en difficulté ne fabrique pas de mauvais vélos. Le produit peut être excellent — Lapierre, O2feel et Iweech en sont la preuve. Le risque est ailleurs : les pièces détachées et le service après-vente.
Trois questions à se poser avant de signer :
Le moteur est-il standard ? Un Bosch, un Shimano ou un Bafang se répare partout, même si la marque du vélo disparaît. Un moteur propriétaire développé en interne devient introuvable le jour où l’entreprise ferme. C’est le critère numéro un.
La batterie est-elle un format courant ? Même logique. Une batterie spécifique à un cadre unique ne se remplacera pas dans cinq ans si le fabricant n’existe plus.
Le réseau de revendeurs est-il dense ? Un vélo vendu par 800 revendeurs agréés continuera d’être entretenu, quoi qu’il arrive à la maison mère. Un vélo vendu uniquement en direct depuis un site web dépend entièrement de la survie de ce site.
Si ta marque dépose le bilan
Ça n’arrive pas du jour au lendemain, et tout n’est pas perdu.
Pendant un redressement judiciaire, l’entreprise continue son activité pendant la période d’observation. Les garanties restent en principe valides et le SAV via les revendeurs agréés reste opérationnel. C’est précisément ce que Lapierre a confirmé à ses clients.
En cas de liquidation, la garantie commerciale disparaît avec l’entreprise. Il te reste la garantie légale de conformité, mais elle s’exerce contre le vendeur, pas contre le fabricant : si tu as acheté chez un vélociste toujours en activité, tu as un recours. Si tu as acheté en direct sur le site de la marque, tu n’en as plus.
En cas de reprise, comme pour Cowboy ou Voltaire, le repreneur n’est pas tenu de reprendre les garanties antérieures. Il le fait souvent pour préserver l’image de marque, mais ce n’est pas automatique.
Dans tous les cas, quatre réflexes :
- Conserve ta facture d’achat, c’est ta seule preuve opposable
- Fais faire l’entretien courant chez un vélociste indépendant plutôt que chez le fabricant
- Anticipe la batterie : si ton modèle utilise un format propriétaire, une batterie de rechange achetée maintenant peut être un bon investissement
- Ne panique pas pour revendre : un vélo fonctionnel à moteur standard garde sa valeur
Les marques qui ne bougent pas
Pour équilibrer le tableau, plusieurs acteurs traversent la crise sans encombre : Decathlon, adossé au groupe Mulliez et à 300 magasins ; Moustache, qui produit dans les Vosges ; les allemandes Cube et Riese & Müller ; les néerlandaises du groupe Pon ; et les acteurs du reconditionné comme Upway, qui profitent plutôt de la situation.
Le paradoxe du moment est là : c’est une mauvaise période pour les fabricants, et une bonne période pour les acheteurs. Les déstockages sont nombreux, et le marché du reconditionné n’a jamais été aussi fourni. Notre guide du VAE reconditionné et notre guide de l’occasion détaillent comment en profiter sans se faire piéger.
Pour choisir un vélo dont la mécanique se répare partout, notre guide des moteurs de VAE explique ce qui distingue un moteur standard d’un moteur propriétaire.