Cowboy racheté par ReBirth : ce qui change pour les 80 000 propriétaires
Si tu roules en Cowboy, tu as probablement suivi l’affaire de loin, entre deux articles alarmistes. Voici ce qui s’est réellement passé, et surtout ce que ça change concrètement pour ton vélo.
Ce qui s’est passé
Cowboy, la startup belge fondée en 2017 à Bruxelles, a accumulé près de 100 M€ de pertes sur les exercices 2023 et 2024. La valorisation de l’entreprise est tombée de 172 M€ à environ 40 M€. L’année 2025 a enchaîné retards de livraison, ruptures de pièces détachées et un rappel produit sur les Cruiser ST.
En décembre 2025, le groupe français ReBirth a pris le contrôle de la marque, en injectant 15 M€ aux côtés des actionnaires existants.
Ce qui est garanti pour ton vélo
C’est la question qui compte. Voici ce qui a été confirmé.
- Les 80 000 vélos en circulation restent pleinement fonctionnels. Le matériel, le logiciel et les serveurs continuent de tourner. Ton vélo ne va pas se transformer en presse-papier connecté.
- L’application est maintenue. Déverrouillage, navigation, suivi GPS, détection de chute : rien n’est coupé.
- Le service client continue sans interruption annoncée.
- Le programme de rappel des Cruiser ST se poursuit, avec une mise à jour détaillée annoncée pour 2026.
- La production a redémarré en janvier 2026, avec un premier lot de 1 500 vélos.
Ce qui reste incertain
Soyons honnêtes sur les zones d’ombre.
Le déploiement du réseau de réparation est annoncé, pas encore constaté à grande échelle. Entre l’accès théorique à 500 revendeurs et un mécanicien formé au moteur Cowboy près de chez toi, il y a un délai de formation et d’outillage que personne n’a chiffré.
La disponibilité des pièces spécifiques sur cinq à dix ans reste la vraie question. Un Cowboy n’est pas un vélo standard : moteur propriétaire, électronique maison, cadre spécifique. Une reprise sécurise le court terme, elle ne garantit pas l’approvisionnement à long terme.
Enfin, la gamme peut évoluer. Un repreneur rationalise, et il n’est pas exclu que certains modèles ou coloris disparaissent.
Faut-il encore acheter un Cowboy ?
Notre position n’a pas changé : oui, mais en connaissance de cause.
Le produit reste excellent sur ce qu’il sait faire. L’application est toujours la meilleure du marché, le design n’a pas d’équivalent, et AdaptivePower — l’assistance qui s’ajuste seule à la pente — reste une vraie réussite technique.
Mais tu achètes désormais à une marque qui sort de restructuration, avec un réseau de réparation en construction et un historique de SAV difficile. Si c’est ton unique moyen de transport et que tu ne supportes pas trois semaines d’immobilisation, regarde ce que propose la concurrence à réseau établi.
Pour le détail modèle par modèle, va voir notre avis complet sur Cowboy, et notre comparatif Cowboy ou Tenways qui met en face une marque dont la garantie cadre est passée à cinq ans.
Si tu possèdes déjà un Cowboy
Trois réflexes utiles :
- Vérifie si ton modèle est concerné par le rappel des Cruiser ST — on détaille la marche à suivre dans notre article dédié.
- Conserve ta facture d’achat. En période de reprise, un justificatif de garantie vaut de l’or.
- Ne te précipite pas pour revendre. La cote a souffert, mais un Cowboy fonctionnel avec app active reste demandé sur le marché de l’occasion — voir notre guide du VAE reconditionné.
Ce rachat s’inscrit dans un mouvement plus large : le secteur du vélo a connu 201 procédures collectives en 2025, un record absolu. On fait le point sur l’ensemble des marques concernées dans notre article sur la vague de faillites du vélo électrique.